Rares sont les séries aussi surveillées que Gran Turismo: la moindre rumeur ou information fait immédiatement tâche d’huile sur la toile et dans la presse papier, et si cet intérêt de tous les instants sert évidemment à faire monter la pression autour de la sortie d’un nouveau volet, il peut aussi se retourner contre les développeurs lorsque ceux-ci ne répondent pas aux attentes du public. Il suffisait de parcourir les forums du monde entier après l’annonce de l’arrivée de GT5 Prologue pour s’en convaincre.

Il faut dire que Polyphony Digital est coutumier du fait: déjà après la sortie de Gran Turismo 3 sur PS2, l’équipe menée par Kazunori Yamauchi avait tenté de capitaliser sur le succès de son titre avec GT Concept 2002: Tokyo-Geneva, un add-on comportant certes quelques nouveautés mais dont le contenu global restait bien en deçà d’un véritable épisode de la série. Quelques mois plus tard, c’était au tour de Gran Turismo 4 Prologue de faire son apparition afin d’occuper les joueurs tandis que les développeurs finalisaient le vrai GT4. A l’époque déjà on parlait de grosse démo servant à financer le développement du reste du jeu, et notre verdict avait d’ailleurs reflété cette impression largement partagée.
Arrive donc Gran Turismo 5 Prologue, perçu avant sa sortie par de nombreux joueurs comme une nouvelle tentative mal dissimulée de récolter des fonds avant la sortie du véritable GT5. Probablement conscient du phénomène, Sony avait pourtant mis en route la machine marketing pour rassurer son public: certes le nombre de circuits et de voitures serait restreint, mais les sensations de pilotages seraient encore meilleures, le nombre de véhicules en course plus élevé, l’affichage sensationnel, l’intelligence artificielle améliorée, et la série accueillerait pour la première fois des options de jeu en ligne.
Dès le lancement du jeu, une magnifique cinématique d’introduction nous rappelle, au cas où on l’aurait oublié, que nous sommes en présence d’un nouveau volet de la saga Gran Turismo: les voitures sont magnifiques, la mise en scène étudiée pour rester en rythme avec la musique, et le tout donne sans conteste envie de se mettre au volant des bolides disponibles dans le jeu !
Vient ensuite le menu principal du jeu, relativement différent des précédents opus de la série. Le fond de l’écran est occupé par la voiture que vous utilisez actuellement placée dans différents décors, et vous pourrez accéder à un calendrier ainsi qu’à des infos sur la météo de quelques circuits connus si vous êtes connecté au PSN. Bien entendu, votre première action sera de dépenser quelques-uns des 35.000 crédits qui vous sont alloués au départ pour vous acheter un premier bolide.
Pour cela, il vous suffira de vous rendre dans la section Revendeur où vous trouverez toutes les voitures du jeu classées par constructeur. Evidemment, votre budget limité ne vous permettra pas d’acquérir d’emblée une bête de course, mais les classiques Ford Focus, Mazda RX-8 et autres Golf GT-I seront tout à fait dans vos moyens. Comme par le passé, plusieurs couleurs sont disponibles selon les modèles et vous devriez donc n’avoir aucun problème à trouver votre teinte préférée. Par la suite, vous pourrez devenir l’heureux propriétaire de voitures de légendes chez des concessionnaires comme Jaguar, Lotus, Chevrolet et même Ferrari qui propose ici 5 de ses modèles: la F599, la F430, la F40 et F512 et même la F1 2007 de la Scuderia ! En tout, ce sont plus de 70 modèles qui vous attendent.
Une fois votre premier achat effectué, vous pourrez vous diriger vers le corps du mode solo de GT5 Prologue, à savoir la section Evènements. Cette dernière est divisée en trois catégories (C, B et A) de difficulté croissante et comportant chacune 10 épreuves. Bien sûr, il vous faudra impérativement arriver à l’une des trois premières places de chaque épreuve d’une catégorie pour débloquer la suivante, et chaque réussite dans ce domaine débloquera une nouvelle voiture en général utile pour démarrer dans la catégorie supérieure. Précisons au passage que votre victoire en catégorie A débloquera la classique catégorie S dans laquelle vous pourrez disputer des courses contre de véritables monstres de puissance.
Si les épreuves proposées consistent la plupart du temps en des courses regroupant de 8 à 16 voitures, vous aurez aussi l’occasion de vous lancer dans quelques contre-la-montre, ainsi que dans une épreuve un peu plus originale qui vous place au volant d’une voiture puissante devant remonter ses 15 adversaires en un seul tour de circuit. Un challenge pas toujours aussi facile qu’il n’y paraît ! Précisons que de nombreuses courses sont réservées à un type de voiture en particulier, ce qui vous permettra au fil de votre progression de vous essayer à différents modèles souvent très distincts en termes de comportement.
Du côté des circuits, on savait depuis longtemps déjà que GT5 prologue n’en compterait que six, chacun existant en deux variantes: High Speed Ring (normal et inversé), Daytona (ovale simple ou avec circuit intérieur et chicane additionnelle), Fuji Speedway (normal et version F comportant une chicane supplémentaire), Eiger Norwand (normal et inversé), Suzuka (complet et raccourci), et Londres (normal et inversé). Bien que l’accent soit nettement mis sur les circuits de course pure, celui de Londres donne une bonne idée des tracés urbains relativement étroits et celui de Eiger Norwand, bien que déjà vu dans GT HD Concept, apporte un peu de piment avec ses dénivelés et autres virages en épingle.
Gran Turismo en ligne
Mais la vraie grosse nouveauté de Gran Turismo 5 Prologue est comme chacun le sait la possibilité de disputer des courses en ligne avec jusqu’à 16 joueurs réunis sur le même circuit. Si l’option en question est bien présente et fonctionne la plupart du temps de manière correcte, il reste tout de même beaucoup de travail à Polyphony Digital pour en faire une référence du genre.
Une fois la section En ligne ouverte, vous vous retrouvez face à une liste de différentes épreuves auxquelles vous pouvez participer. Une fois encore, les courses à proprement parler sont nombreuses mais plusieurs contre-la-montre sont disponibles et vous permettent de comparer vos performances avec celles des autres joueurs sévissant sur la toile. Là où les choses se gâtent, c’est dans le fait qu’il soit impossible de créer sa propre partie pour y inviter ses amis: une fois votre épreuve sélectionnée, le jeu recherche automatiquement d’autres joueurs et vous réunit tous dans une même partie. Autre point regrettable, l’absence totale de chat vocal qui devrait pourtant être un incontournable de ce type de jeu. Il convient de préciser que Polyphony Digital a récemment déclaré être en train de travailler sur ces deux points, mais on espère que le patch en question arrivera rapidement pour nous permettre de profiter au mieux de ces nouvelles options communautaires.

Conclusion
En ce qui concerne la réalisation, on peut une fois de plus applaudir Polyphony Digital pour la modélisation quasiment parfaite des voitures proposées: ces dernières sont magnifiques, et le constat vaut aussi bien pour l’aspect extérieur que pour l’habitacle des bolides. Les développeurs ont en effet décidé d’ajouter une vue intérieure extrêmement convaincante, et les designers ont donc modélisé les tableaux de bord des différents véhicules. Dans cette vue, on peut non seulement observer les différents cadrans liés à la vitesse ou au régime moteur, mais on a aussi droit aux mouvements du pilote accroché à son volant ou passant les vitesses. Bien entendu, cette vue intérieure s’avère moins lisible que les habituelles vue de pare-chocs, vue du toit ou vue de derrière, mais les joueurs qui l’attendaient depuis longtemps devraient être satisfaits.
Du côté des tracés, il faut bien avouer que la présence de quatre circuits exclusivement dédiés aux courses ne laissait pas beaucoup de place à l’imagination des designers. De fait, ces circuits s’avèrent un peu vides, tout comme le sont leurs versions réelles. Le circuit de Londres en revanche se révèle beaucoup plus attractif, les rues de la capitale anglaise étant modélisées de fort belle manière.

Comme dans les précédents Gran Turismo, celui-ci fait la part belle aux reflets sur les carrosseries, aux ombres portées et autres effets lumineux. Il est par exemple amusant d’entrer dans un tunnel et d’avoir à attendre quelques secondes pour y voir vraiment clair, puis d’être ébloui dès que l’on en sort.